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Prévention de l’insuffisance rénale aiguë ischémique chez le patient ventilé

Par Frédérique Schortgen
En vue de l’obtention du diplôme de doctorat de physiopathologie


Codirigée par
le Professeur Laurent Brochard et le Professeur Didier Dreyfuss
Soutenue publiquement le : 16 décembre 2011
Devant le jury composé de:
Professeur Pierre Asfar (Rapporteur)
Professeur Claude Guérin (Rapporteur)
Professeur François Fourrier (Examinateur)
Professeur Jean-Charles Preiser (Examinateur)
Professeur Laurent Brochard (Directeur de thèse)
Professeur Didier Dreyfuss (Directeur de thèse)


Résumé
Les patients en état critique nécessitant une ventilation artificielle sont particulièrement exposés au risque d’une agression rénale ischémique. L’apparition d’une insuffisance rénale aiguë (IRA) dans ce contexte est responsable d’une surmortalité. L’objectif de ce travail était l’optimisation de la prévention de l’IRA incluant deux axes de recherche. D’une part l’évaluation de mesures de protection rénale visant au maintien de la délivrance rénale en oxygène et d’autre part l’étude de la performance des outils d’évaluation de la fonction rénale pour la détection et la caractérisation d’une agression.
La principale mesure de prévention de l’IRA proposée en pratique clinique pour la restauration et le maintien d’une perfusion rénale est l’expansion volémique mais avec un risque d’altération de la fonction pulmonaire. Nos travaux ont permis de montrer que le pronostic rénal au cours de la réanimation liquidienne dépend du type de soluté administré. L’incidence de l’IRA est plus élevée lorsque des colloïdes à base d’hydroxyéthylamidons et/ou ayant un pouvoir oncotique élevé sont utilisés. Contrairement au rein, l’évolution de la fonction respiratoire ne dépend pas de l’effet oncotique du soluté utilisé mais des volumes administrés. La degradation de la fonction respiratoire semble survenir pour un volume moindre de colloïdes que de cristalloïdes, sans doute du fait d’une efficacité plus importante sur l’augmentation du volume intravasculaire.
Associé à la restauration de la perfusion rénale, le maintien de l’oxygénation artérielle est un autre déterminant potentiel de l’oxygénation rénale. Nous avons évalué la réponse rénale à une hypoxémie modérée, habituelle au cours du syndrome de détresse respiratoire aiguë. Une baisse de la FiO2 est en effet recommandée pour la prévention des lésions pulmonaires induites par l’oxygène. Une ventilation de 2 heures à un niveau de SaO2 entre 88 et 92% engendre une réponse diurétique et une augmentation des résistances artérielles rénales mesurées par la méthode Doppler. Cette réponse rénale est indépendante des modifications ventilatoires et hémodynamiques, elle est rapidement réversible avec la réoxygénation. En plus de sa capacité à détecter une modification de la vascularisation rénale, nous avons retrouvé que la mesure de l’index de résistance prédisait de façon satisfaisante la persistance d’une IRA, performance meilleure que celle de certains indices biochimiques urinaires habituellement recommandés.
Ces différents travaux ont permis de mieux appréhender les interactions physiopathologiques entre la prévention des dysfonctions rénale et pulmonaire et soulignent les antagonismes qui peuvent exister entre ces deux organes. La réanimation liquidienne peut être optimisée par le choix d’un soluté hypo-oncotique pour réduire le risque d’IRA sans altérer la fonction respiratoire. La réponse rénale à une hypoxémie modérée suggère que la préservation de l’oxygénation artérielle puisse avoir un rôle dans la préservation de la fonction rénale. Enfin, le Doppler rénal est un outil prometteur pour la sélection, l’évaluation et l’optimisation des mesures de protection rénales.

REJET
SDRA-REIN.pdf (10 téléchargements)

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